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Découverte d'un marqueur cérébral spécifique à l'Homme


François Leroy et son équipe d’Unicog de NeuroSpin, dirigée par Ghislaine Dehaene-Lambertz, a récemment mis en évidence un marqueur cérébral caractéristique de l’évolution humaine au niveau du sillon temporal supérieur du cerveau, une région impliquée dans la communication verbale et non verbale.  C’est la première fois, qu’un marqueur cérébral spécifique de l’évolution de l’espèce humaine est mis en évidence sans ambiguïté. Cette découverte pourrait aider à mieux comprendre l’évolution cérébrale de notre espèce.

Publié le 27 janvier 2014

Les chercheurs ont comparé les IRM de 177 personnes réparties en plusieurs groupes (enfants, adultes, hommes, femmes, et sujets atypiques dans leur organisation (syndrome de Turner, situs invertus, autistes)) et de 73 sujets précliniques. Les auteurs ont identifié une asymétrie droite gauche de la profondeur du sillon chez 95% des sujets étudiés quelle que soit la latéralisation manuelle et du langage des sujets. Ils n’ont pas retrouvé une telle asymétrie dans le cerveau des 73 sujets. Les chercheurs ont également montré qu’elle est présente chez l’homme à tous les stades du développement, de l’enfance à l’âge adulte comme au stade fœtal. Cette apparition précoce suggère une forte influence génétique sur cette zone du cerveau pendant la première partie de la grossesse. L’analyse s’est concentrée sur le sillon temporal supérieur. A droite, cette région du cerveau est impliquée dans la communication non verbale (reconnaissance de la voix, des émotions et des sentiments), et à gauche dans le traitement du langage. Ces deux systèmes sont particulièrement développés dans l’espèce humaine où existent de grands groupes sociaux communicants de façon sophistiquée.

Cette asymétrie est donc un marqueur anatomique de l’évolution génétique qui a profondément transformé cette région du cerveau des primates et permis l’émergence du langage et d’une cognition sociale sophistiquée. Elle donne aux généticiens de l’évolution une cible sur laquelle concentrer leurs recherches : des gènes qui ont récemment muté (depuis notre séparation d’avec le chimpanzé) et s’expriment de façon asymétrique dans la région temporale supérieure pendant la première moitié́ de la grossesse. Ces recherches, comme celles menées par l’Allen Institute for brain science et le big brain project coordonné par Montréal et Juelich, font partie de l’effort mondial actuel pour décrire la structure anatomique particulière du cerveau humain, et rapprocher les modèles fonctionnels des capacités cognitives de leurs bases cérébrales macro et microscopiques.

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